Psaumes
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Une décision à prendre, un échec, une attente, un projet à lancer ? Des hommes et des femmes de la Bible ont vécu la même chose. Leur histoire peut éclairer la vôtre.
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Jérémie, fils de Hilkija, est l'un des sacrificateurs d'Anathoth, dans le pays de Benjamin. Dieu l'appelle à devenir prophète alors qu'il se dit encore « un enfant ». Pendant de longues années, sous plusieurs rois, il annonce des messages que personne ne veut entendre : Jérusalem va tomber aux mains du roi de Babylone. On le frappe, on l'emprisonne, on le jette dans une citerne. Même ses proches se retournent contre lui. Jérémie ne cache ni ses larmes, ni ses colères, ni ses moments de découragement. C'est ce qui le rend si humain. Et c'est lui qui, au cœur du désastre, achète un champ pour dire que l'avenir existe encore.
La première fois que Dieu lui parle, Jérémie reçoit un message immense : avant même sa naissance, Dieu le connaissait et l'avait choisi pour être « prophète des nations ». Jérémie ne se sent pas du tout prêt. Il répond aussitôt : « Ah ! Seigneur Éternel ! voici, je ne sais point parler, car je suis un enfant. » Dieu ne discute pas son âge ni ses capacités. Il lui demande seulement de ne plus se définir ainsi : « Ne dis pas : Je suis un enfant. » Il lui promet sa présence : « Ne les crains point, car je suis avec toi pour te délivrer. » Puis l'Éternel touche sa bouche et y met ses paroles.
4La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots: 5Avant que je t'eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et avant que tu fusses sorti de son sein, je t'avais consacré, je t'avais établi prophète des nations. 6Je répondis: Ah! Seigneur Eternel! voici, je ne sais point parler, car je suis un enfant. 7Et l'Eternel me dit: Ne dis pas: Je suis un enfant. Car tu iras vers tous ceux auprès de qui je t'enverrai, et tu diras tout ce que je t'ordonnerai. 8Ne les crains point, car je suis avec toi pour te délivrer, dit l'Eternel. Jérémie 1:4-8 · Louis Segond 1910 · Lire tout le chapitre
Une promotion que vous n'avez pas demandée, un enfant qui arrive, un parent malade dont il faut s'occuper, une association à présider : certaines responsabilités tombent sur nous avant qu'on se sente prêt. La première réaction ressemble souvent à celle de Jérémie : « je ne sais pas faire », « je suis trop jeune », ou trop vieux. Dieu ne nie pas ses limites. Il déplace la question : non plus « qui suis-je ? », mais « avec qui j'avance ? ». Vous pouvez reconnaître ce qui vous manque, demander de l'aide, vous former. Mais ne laissez pas l'étiquette que vous vous collez décider à votre place.
L'étiquette que vous vous collez ne dit pas tout de ce que vous pouvez devenir.
Les messages de Jérémie dérangent : il annonce le malheur à un peuple qui ne veut rien entendre. Les gens de son propre village, Anathoth, menacent de le tuer s'il continue à parler au nom de l'Éternel. Même ses frères le trahissent. Dieu lui demande aussi de ne pas prendre de femme et de ne pas avoir d'enfants dans ce pays. Jérémie se retrouve à l'écart. Dans une prière, il dit sa joie d'avoir « dévoré » les paroles de Dieu, mais aussi son isolement : « je me suis assis solitaire ». Puis il ose une question terrible : sa plaie ne guérit pas, et Dieu serait-il pour lui comme « une source trompeuse » ?
15Tu sais tout, ô Eternel, souviens-toi de moi, ne m'oublie pas, Venge-moi de mes persécuteurs! Ne m'enlève pas, tandis que tu te montres lent à la colère! Sache que je supporte l'opprobre à cause de toi. 16J'ai recueilli tes paroles, et je les ai dévorées; Tes paroles ont fait la joie et l'allégresse de mon coeur; Car ton nom est invoqué sur moi, Eternel, Dieu des armées! 17Je ne me suis point assis dans l'assemblée des moqueurs, afin de m'y réjouir; Mais à cause de ta puissance, je me suis assis solitaire, Car tu me remplissais de fureur. 18Pourquoi ma souffrance est-elle continuelle? Pourquoi ma plaie est-elle douloureuse, et ne veut-elle pas se guérir? Serais-tu pour moi comme une source trompeuse, Comme une eau dont on n'est pas sûr? Jérémie 15:15-18 · Louis Segond 1910 · Lire tout le chapitre
On peut se sentir seul parce qu'on a fait un choix que les autres ne comprennent pas : refuser une combine au travail, quitter un groupe d'amis, vivre sa foi dans une famille qui s'en moque, rester célibataire quand tout le monde se marie autour de vous. Jérémie ne fait pas semblant d'aller bien. Il dit à Dieu sa joie, sa blessure et même son soupçon d'être abandonné. Dieu lui répond. Il l'invite à se rattacher à lui et promet de faire de lui « une forte muraille d'airain ». Vous pouvez, vous aussi, dire votre isolement sans filtre : c'est déjà une manière d'en sortir un peu.
Être mis à l'écart pour être resté droit n'est pas un échec, même quand cela fait mal.
Pour aller plus loin, un accompagnement de 7 jours :Quand on se sent seul →Paschhur, prêtre et inspecteur en chef dans le temple, entend Jérémie prophétiser. Il le frappe et le fait mettre en prison. Le lendemain, Jérémie est relâché, mais il est à bout. Dans une prière d'une grande franchise, il reproche à Dieu de l'avoir entraîné dans cette mission : chaque jour, tout le monde se moque de lui. Il est tenté de tout arrêter : « Je ne parlerai plus en son nom. » Mais il n'y arrive pas. La parole de Dieu est en lui « comme un feu dévorant », renfermé dans ses os. Quelques versets plus loin, il va jusqu'à maudire le jour de sa naissance.
7Tu m'as persuadé, Eternel, et je me suis laissé persuader; Tu m'as saisi, tu m'as vaincu. Et je suis chaque jour un objet de raillerie, Tout le monde se moque de moi. 8Car toutes les fois que je parle, il faut que je crie, Que je crie à la violence et à l'oppression! Et la parole de l'Eternel est pour moi Un sujet d'opprobre et de risée chaque jour. 9Si je dis: Je ne ferai plus mention de lui, Je ne parlerai plus en son nom, Il y a dans mon coeur comme un feu dévorant Qui est renfermé dans mes os. Je m'efforce de le contenir, et je ne le puis. Jérémie 20:7-9 · Louis Segond 1910 · Lire tout le chapitre
Il y a des engagements qui usent : un métier tourné vers les autres, une cause associative, un parent à accompagner, une vocation qui ne rapporte que des critiques. Arrive le jour où l'on se dit : j'arrête tout. Jérémie a connu ce moment. Il ne le cache pas et n'en a pas honte. Mais il découvre aussi que ce qui l'habite ne s'éteint pas si facilement. Si vous êtes à bout, prenez votre fatigue au sérieux : parlez-en, reposez-vous, faites-vous aider. Puis, quand vous aurez repris souffle, demandez-vous ce qui brûle encore en vous malgré tout.
Sous la cendre de la fatigue, cherchez ce qui brûle encore en vous.
Pour aller plus loin, un accompagnement de 7 jours :Retrouver des forces →L'armée de Babylone assiège Jérusalem. Jérémie répète ce que Dieu lui a dit : la ville sera prise, et ceux qui se rendront auront la vie sauve. Pour les chefs, c'est démoraliser les soldats. Ils demandent sa mort au roi Sédécias, qui répond : « il est entre vos mains ». Le roi le laisse tomber. On descend Jérémie avec des cordes dans une citerne sans eau, et il s'enfonce dans la boue. Puis un étranger, Ebed-Mélec l'Éthiopien, serviteur de la maison du roi, va plaider sa cause. Avec trente hommes, de vieux haillons glissés sous les cordes, il remonte Jérémie hors de la citerne.
4Et les chefs dirent au roi: Que cet homme soit mis à mort! car il décourage les hommes de guerre qui restent dans cette ville, et tout le peuple, en leur tenant de pareils discours; cet homme ne cherche pas le bien de ce peuple, il ne veut que son malheur. 5Le roi Sédécias répondit: Voici, il est entre vos mains; car le roi ne peut rien contre vous. 6Alors ils prirent Jérémie, et le jetèrent dans la citerne de Malkija, fils du roi, laquelle se trouvait dans la cour de la prison; ils descendirent Jérémie avec des cordes. Il n'y avait point d'eau dans la citerne, mais il y avait de la boue; et Jérémie enfonça dans la boue. 7Ebed-Mélec, l'Ethiopien, eunuque qui était dans la maison du roi, apprit qu'on avait mis Jérémie dans la citerne. Le roi était assis à la porte de Benjamin. 8Ebed-Mélec sortit de la maison du roi, et parla ainsi au roi: 9O roi, mon seigneur, ces hommes ont mal agi en traitant de la sorte Jérémie, le prophète, en le jetant dans la citerne; il mourra de faim là où il est, car il n'y a plus de pain dans la ville. Jérémie 38:4-9 · Louis Segond 1910 · Lire tout le chapitre
Être lâché par ceux qui auraient dû vous protéger fait partie des blessures les plus profondes : un supérieur qui vous sacrifie pour avoir la paix, un collègue qui se tait en réunion, un proche qui laisse faire. Jérémie touche le fond, littéralement. Mais l'aide vient d'où on ne l'attendait pas : d'un étranger, qui ose parler au roi et qui pense même aux chiffons à glisser sous les cordes. Si vous êtes dans la boue aujourd'hui, regardez autour de vous : quelqu'un est peut-être prêt à vous tendre la main. Et si vous voyez quelqu'un s'enfoncer, osez être son Ebed-Mélec.
Quand les puissants vous lâchent, l'aide vient parfois de celui qu'on n'attendait pas.
Pour aller plus loin, un accompagnement de 7 jours :Apprendre à pardonner →Jérusalem est assiégée et Jérémie est enfermé dans la cour de la prison du roi. Tout semble perdu. C'est le moment que choisit son cousin Hanameel pour venir lui proposer d'acheter son champ à Anathoth, car Jérémie a le droit de rachat. Jérémie reconnaît là une parole de Dieu. Il pèse dix-sept sicles d'argent, rédige le contrat devant témoins, puis le confie à Baruc pour qu'il soit conservé longtemps dans un vase de terre. Le sens du geste est clair : « On achètera encore des maisons, des champs et des vignes, dans ce pays. » Juste après, dans sa prière, Jérémie avoue que tout cela le dépasse.
10J'écrivis un contrat, que je cachetai, je pris des témoins, et je pesai l'argent dans une balance. 11Je pris ensuite le contrat d'acquisition, celui qui était cacheté, conformément à la loi et aux usages, et celui qui était ouvert; 12et je remis le contrat d'acquisition à Baruc, fils de Nérija, fils de Machséja, en présence de Hanameel, fils de mon oncle, en présence des témoins qui avaient signé le contrat d'acquisition, et en présence de tous les juifs qui se trouvaient dans la cour de la prison. 13Et je donnai devant eux cet ordre à Baruc: 14Ainsi parle l'Eternel des armées, le Dieu d'Israël: Prends ces écrits, ce contrat d'acquisition, celui qui est cacheté et celui qui est ouvert, et mets-les dans un vase de terre, afin qu'ils se conservent longtemps. 15Car ainsi parle l'Eternel des armées, le Dieu d'Israël: On achètera encore des maisons, des champs et des vignes, dans ce pays. Jérémie 32:10-15 · Louis Segond 1910 · Lire tout le chapitre
Investir quand tout va mal paraît absurde : planter un arbre en pleine crise, se former à cinquante ans après un licenciement, avoir un enfant dans un monde inquiet, réparer une maison quand l'avenir est flou. Jérémie ne fait pas semblant que la guerre n'existe pas. Il la voit, il la nomme, et il signe quand même le contrat. Ce n'est pas de la naïveté, c'est un acte d'espérance. Vous n'avez pas à comprendre comment les choses se relèveront. Vous pouvez poser, à votre mesure, un petit geste concret qui dit : demain existe encore.
Un petit geste d'avenir, posé au cœur de la crise, est déjà une forme d'espérance.
Quel geste concret d'espérance pourriez-vous poser, même si tout autour de vous semble dire le contraire ?
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