Psaumes
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Une décision à prendre, un échec, une attente, un projet à lancer ? Des hommes et des femmes de la Bible ont vécu la même chose. Leur histoire peut éclairer la vôtre.
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Gédéon vit à une époque où Israël est pillé chaque année par les Madianites. Quand Dieu l'appelle, il est en train de battre son blé en cachette. Il se juge le plus petit de la famille la plus pauvre, il demande des signes, il a peur. Pourtant, avec trois cents hommes seulement, il libère son peuple. Puis, au sommet de sa réussite, il commet une erreur qui pèsera sur sa famille. Sa vie parle à tous ceux qui se sentent trop faibles pour ce qu'on leur demande, et à ceux qui découvrent que le succès a aussi ses pièges.
Depuis sept ans, les Madianites envahissent le pays au moment des récoltes et ne laissent rien. Les Israélites se cachent dans les ravins et les cavernes. Gédéon, lui, bat son blé en cachette, dans un pressoir, pour le mettre à l'abri. C'est là qu'un ange de l'Éternel vient le trouver et l'appelle « vaillant héros ». Gédéon ne se reconnaît pas du tout dans ce mot. Il répond par une question amère : si l'Éternel est avec nous, pourquoi tout ce malheur ? Puis il se défend : sa famille est la plus pauvre de Manassé, et lui le plus petit de la maison de son père. La réponse de Dieu ne vante pas ses qualités. Elle tient en une phrase : « Je serai avec toi. »
12L'ange de l'Eternel lui apparut, et lui dit: L'Eternel est avec toi, vaillant héros! 13Gédéon lui dit: Ah! mon seigneur, si l'Eternel est avec nous, pourquoi toutes ces choses nous sont-elles arrivées? Et où sont tous ces prodiges que nos pères nous racontent, quand ils disent: L'Eternel ne nous a-t-il pas fait monter hors d'Egypte? Maintenant l'Eternel nous abandonne, et il nous livre entre les mains de Madian! 14L'Eternel se tourna vers lui, et dit: Va avec cette force que tu as, et délivre Israël de la main de Madian; n'est-ce pas moi qui t'envoie? 15Gédéon lui dit: Ah! mon seigneur, avec quoi délivrerai-je Israël? Voici, ma famille est la plus pauvre en Manassé, et je suis le plus petit dans la maison de mon père. 16L'Eternel lui dit: Mais je serai avec toi, et tu battras Madian comme un seul homme. Juges 6:12-16 · Louis Segond 1910 · Lire tout le chapitre
On se sent parfois très loin de ce qu'on nous demande. Une promotion qu'on n'ose pas accepter, un enfant à élever seul, un parent malade dont il faut s'occuper, une association qui cherche un responsable. On liste aussitôt ses manques : pas assez diplômé, pas assez solide, pas assez organisé. Gédéon fait pareil. Dieu ne lui répond pas « tu es plus fort que tu ne crois », mais « va avec cette force que tu as ». Vous n'avez pas besoin d'attendre d'être parfait pour commencer. La force que vous avez aujourd'hui, même petite, est un point de départ.
Vous n'avez pas à devenir quelqu'un d'autre : partez avec la force que vous avez.
Gédéon a fini par répondre à l'appel. Il a renversé l'autel de Baal de son père, mais de nuit, parce qu'il avait peur. Maintenant, les armées ennemies sont rassemblées dans la vallée de Jizréel, et il a sonné de la trompette pour appeler les tribus. Au moment de partir, le doute le reprend. Il pose une toison de laine sur l'aire et demande à Dieu un signe : que la rosée tombe seulement sur la laine. Le lendemain, il en tire une pleine coupe d'eau. Cela ne lui suffit pas. Il s'excuse presque, et demande l'inverse : la toison sèche et le sol mouillé. Dieu le fait, cette nuit-là, sans un mot de reproche.
36Gédéon dit à Dieu: Si tu veux délivrer Israël par ma main, comme tu l'as dit, 37voici, je vais mettre une toison de laine dans l'aire; si la toison seule se couvre de rosée et que tout le terrain reste sec, je connaîtrai que tu délivreras Israël par ma main, comme tu l'as dit. 38Et il arriva ainsi. Le jour suivant, il se leva de bon matin, pressa la toison, et en fit sortir la rosée, qui donna de l'eau plein une coupe. 39Gédéon dit à Dieu: Que ta colère ne s'enflamme point contre moi, et je ne parlerai plus que cette fois: Je voudrais seulement faire encore une épreuve avec la toison: que la toison seule reste sèche, et que tout le terrain se couvre de rosée. 40Et Dieu fit ainsi cette nuit-là. La toison seule resta sèche, et tout le terrain se couvrit de rosée. Juges 6:36-40 · Louis Segond 1910 · Lire tout le chapitre
Il y a des décisions qu'on a déjà prises et qu'on voudrait encore vérifier dix fois. On relit le contrat, on redemande l'avis d'un ami, on cherche un dernier signe. Le doute n'est pas forcément un manque de foi. Gédéon doute, il le dit à Dieu, et Dieu ne le rejette pas. Cela ne veut pas dire que chacun recevra un signe aussi net. Mais vous pouvez dire franchement à Dieu ce qui vous fait hésiter, sans faire semblant d'être sûr. On peut avancer avec ses questions, sans attendre de les avoir toutes résolues.
Dire ses doutes à Dieu, ce n'est pas lui manquer de respect, c'est lui parler vraiment.
Pour aller plus loin, un accompagnement de 7 jours :Quand la foi vacille →Gédéon a réuni une armée de trente-deux mille hommes. En face, les Madianites sont innombrables, comme des sauterelles. Et pourtant Dieu lui dit : vous êtes trop nombreux. Si Israël gagne ainsi, il croira s'être sauvé tout seul. Gédéon annonce donc que ceux qui ont peur peuvent rentrer chez eux. Vingt-deux mille partent. Il en reste dix mille. « Encore trop », dit Dieu. Il fait descendre les hommes vers l'eau et les trie selon leur façon de boire. Seuls trois cents restent. C'est avec eux, armés de trompettes, de cruches et de flambeaux, que Gédéon va mettre en déroute le camp ennemi.
2L'Eternel dit à Gédéon: Le peuple que tu as avec toi est trop nombreux pour que je livre Madian entre ses mains; il pourrait en tirer gloire contre moi, et dire: C'est ma main qui m'a délivré. 3Publie donc ceci aux oreilles du peuple: Que celui qui est craintif et qui a peur s'en retourne et s'éloigne de la montagne de Galaad. Vingt-deux mille hommes parmi le peuple s'en retournèrent, et il en resta dix mille. 4L'Eternel dit à Gédéon: Le peuple est encore trop nombreux. Fais-les descendre vers l'eau, et là je t'en ferai le triage; celui dont je te dirai: Que celui-ci aille avec toi, ira avec toi; et celui dont je te dirai: Que celui-ci n'aille pas avec toi, n'ira pas avec toi. 5Gédéon fit descendre le peuple vers l'eau, et l'Eternel dit à Gédéon: Tous ceux qui laperont l'eau avec la langue comme lape le chien, tu les sépareras de tous ceux qui se mettront à genoux pour boire. 6Ceux qui lapèrent l'eau en la portant à la bouche avec leur main furent au nombre de trois cents hommes, et tout le reste du peuple se mit à genoux pour boire. 7Et l'Eternel dit à Gédéon: C'est par les trois cents hommes qui ont lapé, que je vous sauverai et que je livrerai Madian entre tes mains. Que tout le reste du peuple s'en aille chacun chez soi. Juges 7:2-7 · Louis Segond 1910 · Lire tout le chapitre
Il arrive que les moyens diminuent au lieu d'augmenter. Un budget réduit pour un projet, une équipe qui se vide, des économies qui fondent, des amis qui ne sont plus là. On a l'impression de partir perdant. L'histoire de Gédéon ne dit pas que moins vaut toujours mieux, ni que tout finira forcément bien. Elle rappelle que la valeur de ce que nous faisons ne se mesure pas seulement aux chiffres. Avancer avec peu oblige à compter sur d'autres que soi, et sur Dieu. C'est souvent là qu'on apprend la confiance, quand on ne peut plus se reposer uniquement sur ses propres forces.
Quand vos moyens se réduisent, votre confiance a peut-être l'occasion de grandir.
Madian est vaincu. Le peuple, reconnaissant, propose à Gédéon de devenir son chef, lui et ses descendants. Gédéon refuse avec une belle réponse : ce n'est pas moi qui dominerai sur vous, c'est l'Éternel. Mais aussitôt après, il demande à chacun les anneaux d'or pris à l'ennemi. On étend un manteau, et l'or s'entasse : mille sept cents sicles. Avec ce trésor, Gédéon fabrique un éphod, un objet religieux, et l'installe dans sa ville d'Ophra. Tout Israël finit par en faire une idole. Le texte est sévère : cet objet devient un piège pour Gédéon et pour sa maison. L'homme qui avait tout reçu de Dieu dans l'épreuve se laisse prendre dans la réussite.
22Les hommes d'Israël dirent à Gédéon: Domine sur nous, et toi, et ton fils, et le fils de ton fils, car tu nous as délivrés de la main de Madian. 23Gédéon leur dit: Je ne dominerai point sur vous, et mes fils ne domineront point sur vous; c'est l'Eternel qui dominera sur vous. 24Gédéon leur dit: J'ai une demande à vous faire: donnez-moi chacun les anneaux que vous avez eus pour butin. -Les ennemis avaient des anneaux d'or, car ils étaient Ismaélites. - 25Ils dirent: Nous les donnerons volontiers. Et ils étendirent un manteau, sur lequel chacun jeta les anneaux de son butin. 26Le poids des anneaux d'or que demanda Gédéon fut de mille sept cents sicles d'or, sans les croissants, les pendants d'oreilles, et les vêtements de pourpre que portaient les rois de Madian, et sans les colliers qui étaient aux cous de leurs chameaux. 27Gédéon en fit un éphod, et il le plaça dans sa ville, à Ophra, où il devint l'objet des prostitutions de tout Israël; et il fut un piège pour Gédéon et pour sa maison. Juges 8:22-27 · Louis Segond 1910 · Lire tout le chapitre
Les périodes heureuses sont précieuses. Un projet qui marche, une reconnaissance enfin méritée, une situation plus confortable. Il n'y a rien de mal à en profiter. Mais c'est souvent quand tout va bien qu'on baisse la garde. On garde de grands principes, comme Gédéon, et on laisse passer de petites choses : un peu plus d'argent, un peu plus d'image, un peu moins de temps pour ce qui compte. Dans les bons moments, prenez le temps de vous demander ce qui, peu à peu, prend la place de l'essentiel dans votre vie.
Dans la réussite, gardez l'œil ouvert : les pièges y sont plus discrets que dans l'épreuve.
Quelle mission repoussez-vous aujourd'hui parce que vous vous jugez trop petit pour elle ?
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